Séville et sa Feria L'Andalousie au printemps (1)

Séville et sa Feria L'Andalousie au printemps (1)

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Le printemps est sans doute le meilleur moment pour visiter l’Andalousie : la végétation est d’un beau vert dense, il y a des fleurs partout…
La seule incertitude, c’est la météo : autant en été vous êtes sûr-e d’avoir un soleil écrasant, autant au printemps c’est la loterie. En 2014, nous étions allés à Grenade pour la semaine sainte : nous avons eu 30° sous un magnifique soleil. En avril 2015, pour ce voyage, nous avons eu un temps très mitigé : du soleil en alternance avec des nuages, parfois de pluie et un vent désagréable, le tout pour à peu près 20° (et un beau gros rhume pour cause de contenu de valise inadapté).

Cela dit, il paraît que l’automne andalou est appelé le second printemps : les fleurs et les températures plus douces seraient au rendez-vous (à vérifier).

Ce séjour a commencé à Séville, ce qui nous permettra de refaire une petite révision de cet article, consacré avant tout aux bars à tapas.
Dans la récap de l’article précédent, tous les bars défendent vaillamment leur réputation sauf deux : le Poncio qui semble définitivement fermé et le Casa Morales qui nous a semblé un peu moins bon que la dernière fois (mais peut-être avons-nous fait de mauvais choix de tapas). El Rinconcillo (le plus vieux et savoureux bar de Séville), le bar Alfalfa, le Cava de Europea, la Vineria San Telmo tiennent toujours leurs promesses.
Petit coup de projecteur sur la Vineria San Telmo : l’endroit est toujours aussi sympa, bon, peu cher et de plus en plus couru (c’est le premier bar conseillé par le Lonely Planet). Si vous êtes en gros groupe, n’hésitez pas à faire appel à eux : ils sont très accueillants et organisés (à condition que vous ayez réservé).

Voici quelques petits nouveaux :

Mercado Lonja del Barranco
Calle Arjona, s/n. Ouvert de dimanche à jeudi de 10h à minuit, vendredi et samedi de 10h à pas d’heure.
Ce n’est pas un bar mais carrément un marché à tapas! Situé le long du Guadalquivir, l’endroit est équipé de bars et de sièges extérieurs où il fait bon siroter un verre en profitant du soleil. A l’intérieur, c’est la folie des tapas : hamburgers, salmorejo revisité, fruits de mer, jamon, desserts… Parfois un peu cher (ça dépend de ce que vous prenez) mais délicieux et inventif.

La antigua abaceria, Calle Pureza 12 (Triana) : superbe bar à tapas du quartier de Triana avec d’excellentes charcuteries et une très large carte.

Un endroit où loger

Apartamentos Torre de la Plata
Calle Santander 15
Pasaje José Maria del Rey, Bajo 3
41004 Sevilla
T : 0034 955 292 577 / 0034 655 972 440

Vous trouverez de nombreux hôtels et appartements à tous les prix à Séville. Mais si vous êtes sensible au bruit, vous aurez du mal à trouver un lieu de repos à la fois silencieux et pas trop éloigné du centre ville. Après de nombreux essais, nous avons trouvé la perle rare : les appartements de Torre de la Plata. A un jet de pierre d’un arrêt du bus de liaison avec l’aéroport, l’endroit est très bien situé (près de l’Alcazar et de la cathédrale) tout en étant calme la nuit. Les appartements sont très bien équipés et astucieusement conçus et le personnel est d’une très très grande gentillesse.

Un peu de shopping

Faites de la place dans votre valise parce que Séville est le paradis de la pompe : il y a énormément de magasins de chaussures (du côté de calle Sierpe et à Triana) et les prix sont vraiment bas, particulièrement à Triana. Les marques sont un peu moins chères qu’en France ou en Belgique.

Un magasin original dans une des rues les plus commerçantes : Libélula shop, Calle cuna 45-49. Ce magasin vend des vêtements, des articles déco… joliment mis en scène.

plaza de españa


A voir

Hormis les incontournables comme la cathédrale et sa Giralda et le splendide Alcazar, que visiter?
Un tour à la Plaza de España (qui a fait des apparitions diverses au cinéma, notamment dans Star Wars, au parc Maria Luisa, dans les jardins de Murillo, un tour dans le quartier très touristique de Santa Cruz s’imposent.

Une sélection bien partiale

Archives générales des Indes
Avenida de la Constitucion, s/n. Gratuit, la visite dure à peu près 30 minutes en tout. A voir pour l’intérêt historique capital de ce musée qui rassemble les archives de la découverte du Nouveau Monde. Le musée, très bien conçu, renferme des raretés comme des autographes de Christophe Colomb.

Musée des Beaux-Arts : ce musée gratuit pour les ressortissants de l’union européenne propose une belle collection de tableaux de Murillo, peintre baroque sévillan du 17e siècle.

Palacio de la condesa Lebrija. Calle Cuna, 8. Ouvert tlj de 10h30 à 19h30 sauf le we de 10h à 14h (et pas le dimanche en juillet et en août). 5€ pour la visite du rez-de-chaussée et 8€ pour le tout (visite guidée).
Belle demeure typiquement andalouse qui date du 16e siècle mais réellement mise en valeur au début du 20e siècle quand la tenante du titre de comtesse l’acheta et la restaura. Passionnée d’histoire et d’archéologie, elle transforma sa demeure en musée en achetant au fur et à mesure des pièces rares : anciens azulejos, éléments provenant d’un couvent en ruines, antiquités asiatiques… Le 1e étage, le plus spectaculaire, se visite uniquement avec un guide. La maison en elle-même est intéressante car elle permet de se rendre compte de la structure d’un palais andalou.

Italica
Situé au nord-ouest de Séville, accessible par la A66 ou par bus (allez au terminal de bus de la Plaza de Armas). Ouvert du mardi au dimanche, horaires variables en fonction du moment de l’année. Site archéologique romain situé à 9 petits kilomètres de Séville et gratuit pour les ressortissants de l’UE. Fondé au 3e siècle AvJC, l’antique cité d’Italica comprenait, outre les maisons, un bel amphithéâtre bien préservé. Dans les ruines des habitations, on peut observer de belles mosaïques raffinées.

La feria de Séville

C’est l’une des deux fêtes principales de Séville, l’autre étant la Semaine Sainte. La Feria a lieu quelques semaines après la Semaine Sainte, vers la fin avril (la date est mobile). Fondée par un catalan et un basque (!) en 1847, la Feria était à l’origine une foire aux bestiaux. Comme les propriétaires des bêtes étaient obligés de rester près d’elles en permanence, les fondateurs de la Feria ont prévu un campement sur place fait de tentes de toile, les casetas. Ils y trouvaient à boire et à manger mais aussi toutes les commodités. Forte du succès de la première édition, la Feria prit de plus en plus d’ampleur et perdit son but premier d’exhibition de bétail. Aujourd’hui, c’est une énorme fête populaire et semi-privée, ce qui explique qu’il est difficile pour un touriste de profiter pleinement de la Feria.
En voici le principe : sur le terrain de la Feria sont montées pour une semaine des casetas, ces fameuses tentes à l’intérieur desquels on trouve un bar, de quoi s’asseoir, de l’espace pour danser et de quoi manger. Ces casetas sont payées par des particuliers, des entreprises publiques ou privées, des associations… Beaucoup d’entre elles sont privées, ne peuvent s’y rendre que les membres et leurs invités (et attention, elles ont des gardes, vous ne pourrez pas vous y faufiler). Certaines sont ouvertes à tous mais vous imaginez bien qu’elles sont surpeuplées. En dehors des casetas , il n’y a pas vraiment de possibilité de boire et de manger sur le site de la Feria (sauf des barbe-à-papas ou des popcorns vendus par des marchands ambulants).
Les touristes se repèrent assez vite : ce sont ceux qui ne sont pas endimanchés ou en costume traditionnel. Car la Feria, c’est aussi (avant tout?) une occasion de parader. Des familles entières viennent costumées : les femmes dans d’incroyables robes de flamenco froufroutantes et les hommes en tenue de gentleman farmer andalou. Bien sûr, il y a des costumes pour tous les prix mais sachant que pour un petit garçon, la tenue complète peut vite atteindre 250€, vous imaginez l’ampleur du budget que cela représente pour une famille. Et une grande majorité du public vient à la Feria costumé.
Si les bestiaux ont disparu depuis longtemps de la Feria, on y trouve en revanche beaucoup de chevaux et d’attelages de location qui permettent aux fiers Sévillans de se mettre encore un peu plus en valeur. Cela complique le jeu pour les Sévillanes : elles doivent marcher avec des robes hyperserrées mais aussi constamment éviter que le crottin ne souille le bas de leur robe…

Pour résumer, si vous n’avez pas accès aux casetas, vous risquez vite de vous retrouver avec le gosier sec mais vous vous en serez mis plein les yeux avec les extraordinaires costumes des Sévillans. C’est pourquoi nous vous conseillons de venir plutôt en journée pour profiter du spectacle. A côté de la Feria, il y a une fête foraine accessible à tous avec grand roue, jeux pour enfants… parfait pour les petits!

N’oubliez pas de passer prendre un chocolat chaud accompagné de bunuelos (beignets) dans le coin des gitanes, qui est ouvert à tous.
C’est assez cher (16 € pour 2 chocolats chauds et 4 gros beignets) mais c’est absolument délicieux. Relativement calme l’après-midi, l’endroit est la nuit investi par les fêtards ravi d’éponger tout leur alcool avec les beignets.

La nuit, promenez dans les quartiers de Triana et de Los Remedios. Vous allez y croiser les propriétaires de chevaux qui après une certaine heure sont exclus de la Feria pour éviter les incidents avec le public de plus en plus nombreux (un cheval qui vous marche sur le pied, c’est plutôt moyen pour danser le flamenco après). Les propriétaires de chevaux se rabattent sur les bars des quartiers de Triana et se font servir alors qu’ils sont toujours sur leur monture. Ajoutez à cela une forte propension à chanter des sevillanas à tue-tête et vous vivrez un très beau moment.
Un endroit pour admirer les fiers caballeros :
Cafe bar Santa Ana
Calle Pureza 182 (Triana)

Quartier de la Alameda

C’est un quartier un peu moins connu par les touristes : celui de la Alameda, appelé ainsi en référence à l’avenue Alameda de Hercules dont le début et la fin sont marquées par des colonnes romaines sur lesquelles trônent des statures de César et Hercule (qui passe pour le fondateur de la ville). Il est situé au nord de la ville et a été créé au 16e siècle sur d’anciens marais. Jusqu’au début des années 2000, c’était un quartier très mal famé mais il a fait peau neuve et attire un public diversifié selon l’heure de la journée. Les familles l’apprécient car la grande avenue Alameda est arborée et aménagée en piétonnier, les enfants peuvent y jouer et courir à coeur joie. La nuit venue, la vie nocturne se déploie dans les nombreux bars branchés bordant et entourant l’avenue.

Un petit marché?

Faire les marchés, c’est toujours bien sympa… Trois marchés différents de Séville :
Mercado de Triana, Calle San Jorge 6 : le marché marque littéralement le début du quartier de Triana car il est situé juste à la fin du pont de Triana, sur le site d’un ancien château qui fut le siège d’un tribunal de l’Inquisition. C’est un marché couvert classique mais très sympathique où vous trouverez de bons produits andalous et aurez l’occasion de boire un verre et de manger un bout.

Mercado de los Abastos de la calle Feria, Calle Feria, à l’ombre de l’église Omnium Sanctorium: le plus ancien de la ville et le plus étonnant, il se tient dans deux bâtiments séparés par une petite allée où il y a également des échoppes. Le charme du marché tient au fait de ce mélange entre extérieur et intérieur. Beaucoup de bars y font de la bonne restauration sur le pouce, notamment La Cantina qui est là depuis plus d’un siècle et est réputé pour ses délicieuses et copieuses portions de poissons et fruits de mer. Le marché est ouvert du lundi au samedi de 7 à 16h30 mais essayez d’y aller un jeudi pour l’ambiance : dans le quartier, des marchands ambulants vendent des objets de seconde main.

Nuevo mercado de la Encarnacion, plaza de la Encarnacion : on l’appelle aussi le marché de las Setas parce qu’il se situe sur la place des fameux champignons géants. Le marché existait déjà depuis longtemps mais avait été détruit en 1973 avant d’être totalement refait en 2005 en même temps que les Setas (ils font partie du même projet). En plus d’aller admirer Séville d’en haut, vous pouvez aller acheter de bons produits dans ce marché tout beau tout neuf.

Pour terminer, à une heure de Séville en bus, n’hésitez pas à aller passer une journée à Carmona, jolie petite ville avec une adresse de feu pour manger! Mais nous vous en dirons plus dans le prochain article sur les environs de Séville…

Nathalie

Douée d'un non sens de l'orientation et de surcroît fort distraite, l'auteur accomplit régulièrement l'exploit de se perdre dans son propre quartier. Alors, imaginez dans la pampa péruvienne ou le dédale des rues tokyoïtes... Il n'empêche qu'elle en est toujours revenue, avec de belles découvertes en prime ! Et comme elle aime écrire, elle a le plaisir de les partager avec vous sur pointsdepassage.be.

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