Pérou épisode 4 – Fêtes péruviennes

[ A+ ] /[ A- ]

Print pageEmail page

Nous avons eu la chance d’assister à deux fêtes traditionnelles lors de notre séjour :

– Las fiestas de la Virgen del Carmen à Paucartambo
– la fête de San Santiago sur l’île de Taquile (sur le lac Titicaca)

Assister au moins à une fête était une des priorités de notre séjour. Quand nous nous sommes aperçues que nous pouvions en combiner deux au mois de juillet, nous n’avons pas hésité à tordre notre itinéraire dans tous les sens pour pouvoir nous y rendre.

Fiestas de la Virgen del Carmen

En fait, la Virgen del Carmen est fêtée à peu près dans tout le pays. Plusieurs villes de la vallée sacrée comme Pisac fêtent la Vierge avec des fanfares et des défilés folkloriques. Mais la plus belle célébration de la région, celle qui rameute les habitants de tous les villages environnants se fait à Paucartambo, adorable petite ville de montagne. Chaque année, des milliers de Péruviens viennent y faire la fête sous les yeux des rares touristes étrangers qui ont réussi à rallier l’endroit.

Les festivités ont lieu du 15 au 18 juillet et le point d’orgue des festivités est le 16 juillet.

Si vous décidez d’y assister Paucartambo, il vous faudra résoudre deux difficultés :

a) aller à Paucartambo : la ville est située entre Cusco et le parc naturel de Manu. Paucartambo n’est qu’à 109 kilomètres de Cusco mais la route qui y mène est en grande partie une piste de montagne jonchée de caillasse longeant des précipices… Comptez en voiture à peu près 4h de route.

Nous avions loué les services d’un guide qui possédait une grosse Jeep, véhicule parfait pour ce genre de trajet. Il y a également des services de bus publics : si vous choisissez cette solution, évitez à tout prix de faire le trajet de nuit (route dangereuse + pas de lumière + chauffeur peut-être fatigué ou bourré si vous revenez de Paucartambo = …)

Los Qhapak negro

b) loger à Paucartambo : vous l’avez compris, il est préférable de ne pas faire le trajet de retour une fois la nuit tombée. Il vous faudra donc loger sur place. Or les rares logements sont pris d’assaut des mois à l’avance, tant et si bien que de nombreuses personnes – aussi par manque de moyens – dorment à terre, dans la rue. A moins d’avoir fait une réservation très tôt, nous vous conseillons de demander conseil à des locaux, par exemple les gens chez qui vous logez à Cusco. Ils sauront peut-être vous aider et vous trouver une solution pour le déplacement et le logement. Attendez-vous à des conditions spartiates (logement chez l’habitant, dans une grange, dans une école comme cela nous avait été proposé…). En ce qui nous concerne, nous avons logé avec notre guide en tente dans la vaste campagne autour de Paucartambo pour une des nuits les plus étranges et étoilées de notre vie (la voûte céleste de l’hémisphère sud dans toute sa splendeur, hors des lumières des villes).

Ces deux difficultés résolues, vous pourrez assister aux magnifiques festivités.

L’idée autour de laquelle s’articule la fête est la célébration de la Virgen del Carmen appelée aussi Mamacha Carmen. Sa statue fleurie est promenée à travers la ville afin de bénir les personnes présentes et effrayer les démons. Lors du dernier jour de la fête a lieu la représentation d’une guerre contre le mal qui se terminera évidemment par la victoire du bien.

Les participants sont divisés en plusieurs groupes, qui tous ont leur cargo (=fanfare). Ils ont chacun leur danse et chantent en quechua. Les costumes des groupes sont très aboutis : très colorés, comportant de nombreux motifs et accessoires. Les participants sont déguisés en démons qui seront défaits par la Vierge ou encore en groupes symboliques de l’histoire du Pérou. On retrouve les Indiens d’Amazonie (reconnaissables par leurs plumes de perroquets) ou encore les Qhapak Negro, groupe d’esclaves noirs destinés aux mines d’argent de Potosi et qui passa à Paucartambo lors des fêtes. Enfin, les colonisateurs blancs dans toute leur abjection, représentés en Indiana Jones avec fouet, bière à la main et trogne avinée!

 

Nous avons aussi vu d’autres groupes annexes un peu étranges comme celui de ces vieux messieurs en costume défilant une poupée à la main. Autre bizarrerie : les participants au carnaval jettent à la foule… des légumes!

Ce fut vraiment un souvenir marquant de notre voyage : cette fête est vraiment très spectaculaire, aussi bien pour les groupes folkloriques que pour la ferveur du public, constitué pour une grosse partie des montagnards de tous les environs venus faire la fête.

Allez, zou, une petite video pour vous donner envie.

[stag_video src= »https://youtu.be/mi_HWWv1o4U »]

 

La fête de San Santiago à Taquile

 

Costumes colorés

 

 

Sur cette île du lac Titicaca, la fête consacrée à Saint-Jacques se déroule chaque 25 juillet. Les festivités se prolongent jusqu’au 5 août où les habitants font des offrandes à la Pachamama (la terre nourricière, bel exemple de syncrétisme religieux) mais c’est bien le 25 que les festivités ont le plus d’ampleur. Tous les habitants décorent l’île de fleurs et beaucoup d’entre eux participent à la fête.

Les costumes sont extrêmement colorés et mis en valeur par les différentes danses. Les éléments sont tissés par les habitants de l’île et on a bien dit habitants car il est de tradition que les hommes filent la laine à Taquile.

Les différents groupes ont tous leur danse particulière. Après avoir défilé à tour de rôle, ils se retrouvent tous sur la place pendant que la statue de Santiago est portée en procession.

Voici une autre vidéo pour vous donner envie.

[stag_video src= »https://youtu.be/nPSXfxQhqV8″]

La fête de San Santiago est un merveilleux souvenir pour nous car nous dormions chez l’habitant, et ce fut émouvant de voir nos hôtes décorer leur île afin que tout soit parfait pour la fête.

Pour terminer, nous ne pouvons que vous recommander de vous intéresser aux fêtes péruviennes et d’essayer de participer à l’une d’entre elles sur votre séjour! Vous en garderez des souvenirs inoubliables…

Nathalie

Douée d'un non sens de l'orientation et de surcroît fort distraite, l'auteur accomplit régulièrement l'exploit de se perdre dans son propre quartier. Alors, imaginez dans la pampa péruvienne ou le dédale des rues tokyoïtes... Il n'empêche qu'elle en est toujours revenue, avec de belles découvertes en prime ! Et comme elle aime écrire, elle a le plaisir de les partager avec vous sur pointsdepassage.be.

No Comments

Post a Comment